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Vente aux enchères Artcurial, vendredi 3 juillet à partir de 17h00
Circuit des 24 Heures, 72000 Le Mans
Lot N°37
1963 René Bonnet Aerodjet… LM6
Estimation : 130 000 / 190 000 €
Carte grise française
Châssis n°7013
- Participation aux 24 Heures du Mans 1963 et arrivée
- Historique suivi et clair (3 propriétaires seulement)
- Restaurée en conservant tous ses éléments d’origine
- N°41 aux 24 Heures du Mans 1963
Fin 1961, René Bonnet et Charles Deutsch créateurs des automobiles D.B se séparèrent. Leur désunion donna le jour à deux nouvelles marques qui s'opposèrent sur la piste mancelle. Si Deutsch resta fidèle à Panhard, Bonnet passa un accord avec Renault pour animer de petits coachs sportifs dévoilés aux 24 Heures du Mans 1962. Dessiné par Jacques Hubert, ce minuscule coupé baptisé Djet innovait par son moteur Renault monté en position centrale et ses roues en magnésium. Dans son esprit, le Djet avait été dessiné uniquement pour courir en catégorie GT. D'où l'utilisation d'un fin et léger (18 kg) châssis en forme de treillis tubulaire noyé dans le polyester de la coque dont le capot s'ouvrait latéralement coté stand pour faciliter les interventions. Coté mécanique, c'est Renault Gordini qui fournissait les moteurs dérivés du nouveau bloc 5 paliers de la Renault 8.
Dessiné à partir du pare-brise très profilé de l'Alfa Romeo SS, le Djet était une belle réussite esthétique qui séduisit des particuliers désirant rouler avec au quotidien. Cet accueil incita Bonnet et son fils Claude à en extrapoler une version civilisée. Elle abandonnait le châssis tubulaire au profit d'une poutre centrale et les roues de 13 pouces contre celles de R8 de 15 pouces en tôle. Mais Bonnet qui aimait la course où il avait souvent représenté la France se plaisait à dire, "J'ai une cocarde dans le buffet ". Il continua à engager les versions tubulaires construites chez Chappe et montées à Champigny dans ses locaux dans les principales compétitions internationales avec des bonheurs divers suite au manque de fiabilité du nouveau bloc Renault.
Fort de l'expérience du Mans 1962, le Djet de l'édition 1963 subit pas mal de modifications. Une maquette au 3/10eme passée en soufflerie chez Breguet permit de se rendre compte qu'il n'était pas assez aérodynamique avec sa poupe tronquée Celle-ci se vit prolongée d'une queue allongée surmontée d'un léger becquet qui lui apporta un gain en Cx (environ 0,21) lié une stabilité accrue en générant une meilleure vitesse de pointe (210 km/h en 996 cm3 double-arbre Gordini de 95 ch). C'est Claude Bonnet qui eut l'idée de la baptiser du joli nom d'Aerodjet symbolisant l'aérodynamisme de la voiture.
Les 24 Heures du Mans 1963 – Victoire au classement énergétique
Début 1963, Bonnet qui misait beaucoup d'espoirs sur sa jeune marque engagea un nouveau jeune pilote, Jean-Pierre Beltoise, qui montra rapidement qu'il était le plus rapide de l'écurie au capricorne.
Voulant laver l'échec 1962 où le Djet avait été battu à l'Indice Énergétique (calcul très complexe intégrant la consommation, le poids et la vitesse) par la CD Panhard de son ancien associé Charles Deutsch, l’écurie Bonnet partait avec quatre Aerodjet et le spyder recarrossée cette année-là avec un toit, dont les moteurs prêtés par Gordini étaient panachés en plusieurs cylindrées. En progrès sur ceux de l'édition 1962, ils souffraient toujours d'une boîte de Renault (carter d'Estafette) à seulement 4 rapports imposée par la Régie alors que son nouveau concurrent Alpine utilisait une Hewland à 5 rapports, de voies trop étroites et d'un manque de rigidité du châssis tubulaire.
Lors de ces 24 Heures du Mans 1963, l'écurie Bonnet fut décimée par une suite d'accidents matériels en course avec deux Aerodjet détruites, les numéros de course 51 et 52. Seule la numéro 53 (#7014) de Beltoise associé à Bobrowski resta en lice. Déjà les 24 heures avaient mal commencé pour elle, puisqu'aux essais, son petit 705 cm3 (55 RG) double-arbre étudié pour gagner l'indice avait cassé. Pour l'épreuve, il avait été remplacé par un 1108 cm3 culbuté à culasse hémisphérique alimentée par deux carburateurs de 40 délivrant autour de 85 ch. Une mécanique très proche (54 RG) de celle de la future R8 Gordini autorisant 200 km/h maxi.
En course, l'équipage fut victime d'une légère sortie de route et d'une panne électrique qui fit perdre plus de 20 mn. Mais grâce aux nombreux abandons (37) qui décimèrent cette 31eme édition, au pilotage très énergique pour ne pas dire spectaculaire de Beltoise que les commissaires de course voulaient arrêter pour conduite dangereuse, l’Aerodjet numéro 53 parvint à boucler ses 24 heures. Il se classa à la 11eme place (sur douze) parcourant 3628,9 km à 151 km/h de moyenne. En ne consommant que 12,48 litres aux 100, il remporta l'Indice Énergétique de peu devant la Ferrari victorieuse.
Quant à l’Aerodjet présentée ici, châssis 7013, elle portait le numéro de course 41 et, comme la feuille de pesage de l’ACO le confirme, son poids était de 612 kg. Lors de cette épreuve, René Bouharde et Bruno Basini se partagèrent le volant qui disposait d’un moteur de 1108 cm3 culbuté. Après des ennuis de régulateur, la courroie de pompe à eau cassa, ce qui entraînait la rupture du joint de culasse. La réparation fut longue et la voiture ne parvint pas à effectuer la distance minimum imposée pour être classée. Elle franchira tout de même la ligne d’arrivée.
A la fin de la saison, la voiture est vendue directement par l’écurie à un amateur en région parisienne, M. Pierre Madet. Il la conservera pendant une quinzaine d’années avant de la céder à Roger Bocquet, chef des commissaires de course des 24H du Mans. C’est en décembre 1989 que ce dernier la vend à l’actuel propriétaire. Des photos de l’époque montrent qu’elle est alors dans son état d’origine avec une peinture orange et équipé du moteur visiblement qui avait couru au Mans. La voiture est envoyée en restauration chez les Etablissements Provost du Mans. L’Aerodjet y est minutieusement démontée, le treillis tubulaire mis à nu. La coque en polyester d’origine et jamais endommagée qu’elle portait aux 24 Heures est décapée et repeinte aux couleurs d’origine. Côté mécanique, le moteur 1108 cm3 est conservé (et sera remis à l’acheteur), seul le carter en aluminium sera remonté sur un moteur 1300 cm3 Gordini qui équipe encore la voiture. Les cinq jantes d’origine en magnésium seront délivrées au futur acquéreur, les jantes actuelles étant des répliques pour pouvoir rouler. L’actuel propriétaire prit part au Mans Classic en 2008 et à quelques évènements et autres rallyes.
L’Aerodjet, n° de course 41 des 24 Heures du Mans 1963 présentée, est indéniablement la plus originale des trois modèles existants, ayant conservée son châssis tubulaire caractéristique d’époque de 17 kg, son intérieur spécifique restauré et sa carrosserie ultra-légère d’origine. Depuis sa sortie des ateliers René Bonnet, elle n’aura connu que trois propriétaires dont l’actuel. Le dessin si aérodynamique de l’Aérodjet en fait un hymne à la vitesse.
--- LE MANS CLASSIC LEGEND ----
La Vente Officielle, vendredi 3 juillet à partir de 17h00
Circuit des 24 Heures, 72000 Le Mans
- Exposition :
2 juillet, de 9h à 20h
3 juillet, de 8h à 16h
- Renseignements
Commissaire-priseur
Anne Claire MANDINE
Commissaire-priseur
Tél. +33 1 42 99 20 73
acmandine@artcurial.com
Contacts
Anne-Laure FRANCÈS
Administrateur des ventes
Tél. +33 1 42 99 20 56
motorcars@artcurial.com
Bureau des enchères
Kristina Vrzests
Tél. +33 1 42 99 20 51
bids@artcurial.com
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